Atteindre son but

Accomplir sa légende personnelle.

Comme le début d’une chanson de La Rue Kétanou, ma vie pourrait se résumer à : “Je ne sais pas où je vais, oh ça je ne l’ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n’irai plus.”

Connaissez-vous l’Alchimiste de Paulo Coelho ? Cette histoire du berger qui quitta ses moutons pour partir à la recherche de sa légende personnelle. Si ce n’est pas le cas, je vous conseille de le lire, il fait office de boussole pour les âmes perdues et les coeurs en peines.

Pour les autres vous comprendrez où je veux en venir dans ce billet.

Il était une fois…

Un jeune homme issu de la classe ouvrière, d’une famille modeste, qui a grandi dans un quartier, sans trop de vision sur l’avenir et un poil négatif et défaitiste. Pas très bon élève, un peu introverti, mais de bonne volonté.

J’ai quitté le système scolaire classique à 16 ans pour faire des études en alternance : CAP, BEP, Bac PRO dans la vente (ce n’était pas un choix de carrière, mais vu mon bulletin scolaire, c’était ça ou rien) puis bien plus tard DUT, Licence PRO et bientôt Master, on va y revenir.  J’ai une collection de diplômes qui pourrait nourrir un feu de cheminée tout l’hiver.

J’ai commencé par de la manutention dans un Franprix, puis caissier dans une librairie, puis responsable de magasin de prêt-à-porter pendant 7 ans. Je suivais le chemin classique : le CDI, la même copine depuis 6 ans, et le petit achat immobilier qui va bien.

Cependant une graine était plantée dans ma tête. Je voulais me reconvertir, je voulais voyager. J’étais loin d’être satisfait de ma vie en l’état. Sauf du côté émotionnel. J’étais dingue amoureux.

Car il faut le savoir, je suis de nature forte et stable, mais en amour, je suis con, j’arrête de vivre pour moi pour me consacrer à l’autre. Dieu merci, je suis de nature méfiante et l’amour n’a toqué à ma porte que 3 fois en 34 ans.

Et puis là, c’est le drame : rupture amoureuse. Je suis dévasté, j’en pleure, j’en perds des kilos.

Next step : Thaïlande.

Dévasté, mais loin d’être mort, je ne prends pas l’alcool comme refuge et préfère utiliser ma rage et ma tristesse comme un moteur pour avancer.

Sans savoir ou cela aller me mener et avec un niveau d’anglais proche de zéro, j’ai cassé mon CDI, posé ma démission avec l’envie de prendre le large. De m’éloigner un peu de la France pour respirer.

Le plan était le suivant: Nouvelle-Calédonie dans un premier temps puis Nouvelle-Zélande pour faire un working holiday avec des amis. Simple, basique.

Le prix du billet d’avion pour la Nouvelle-Calédonie coûtant un bras, je décide faire un stop à mi-parcours en Thaïlande pour rendre visite à un ami qui est sur place dans le but d’économiser un peu d’argent.

Seulement voilà, je suis tout de même allé en Nouvelle-Calédonie un mois et finalement retourné en Thaïlande en zappant la Nouvelle-Zélande. Le charme de ses paysages, de la culture, la gentillesse des gens, le temps clément, la nourriture ont eu raison de moi. La découverte de nouveaux visages, les couleurs et les odeurs m’ont ensorcelé. J’étais un enfant s’émerveillant et s’étonnant chaque jour de ce qui l’entoure.

Revenu en Thaïlande, je décide de faire une école de langue pour apprendre à parler thaï. Le visa étudiant me permettant de pouvoir séjourner 1 an légalement dans le pays et de pouvoir échanger avec les locaux.

J’apprends donc le thaï et améliore mon anglais par la même occasion.

J’ai aussi eu deux relations amoureuses sur place qui ont aidé à refermer les cicatrices de la relation précédente (en ouvrant de nouvelles au passage).

18 mois passent, je me sens revivre, positif, optimiste, en bonne santé. Malheureusement le compte en banque s’amenuise et ma situation ne me permet pas de rester légalement plus longtemps en Thaïlande.

Je n’ai franchement pas envie de rentrer en France et de reprendre ma vie d’avant. Faire tout ce chemin pour revenir et reprendre ma route là ou je l’ai laissé ? Jamais de la vie.

Retour en France: réorientation professionnelle.

Je décide donc de reprendre des études dans le domaine du digital à 29 ans en me faisant la promesse qu’à l’obtention de mon master je repartirai m’installer en Thaïlande définitivement.

J’avais trouvé ma raison de me lever tous les matins. J’avais trouvé ma légende personnelle.

«Quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir.» – L’alchimiste

Je réalise un DUT en 1 an, puis une licence professionnelle marketing digital en 1 an et actuellement ma deuxième année de Master e-Business.

Alors pourquoi le digital me direz-vous ? Outre le fait que ce soit un secteur porteur, j’ai une “affinité” avec internet et les ordinateurs. De plus même sans trouver de travail salarié, cela me permettrait d’être Digital Nomad. C’est-à-dire de travailler d’où je veux dans le monde.

En parallèle de mes études, je me consacre à mon objectif de repartir en Thaïlande : je collecte soigneusement dans un fichier Excel des adresses de recruteurs, j’améliore mon anglais pour obtenir un bon score au TOEIC, je réalise des sites internet pour gagner en compétences et je gagne en expérience grâce au système de l’alternance.

Je vous passe toutes les galères de tunes et de santé qui me sont tombés dessus pendant ces 4 années de reprise d’études, car je pourrais en faire un billet à part entière.

Par hasard je reprends contact avec une ex-Thaïlandaise. Nous discutons bien et décidons de nous remettre ensemble. Je me rends en Thaïlande pour la voir 2 fois par an. Une relation à distance qui aura tenu 2 ans. Elle rompt, me voilà de nouveau dévasté, j’en pleure, j’en perds des kilos. D’autant plus que bague de fiançailles et billets d’avion en poche, j’avais prévu de lui demander sa main en décembre dernier.

Et après quoi ?

La vie continue. En décembre, je suis tout de même allé en Thaïlande, j’ai voyagé avec un ami thaïlandais, j’ai rencontré quelques expatriés et devinez quoi ?

On me propose du travail. Première opportunité. Aurais-je rencontré ces gens sans cette rupture ?

Janvier est déjà là. Les larmes ont séché depuis longtemps. Le temps passe vite. Le premier cours de l’année est un cours de Growth Hacking.

Nous apprenons à scraper Linkedin et à récupérer des emails. What ? Ok, c’est parti pour récupérer tous les contacts de recruteurs en Thaïlande et de gens qui travaillent dans le digital. Aurais-je appris à faire cela si je n’avais pas repris mes études ?

Des signes, ils sont partout. Il faut juste réussir à les voir.

Conclusion

Comme dans le livre de Paulo Coelho, j’ai appris à lire et interpréter les signes.

Sans ces ruptures et déceptions amoureuses :

  • Aurais-je voyagé un jour à l’autre bout du monde ?
  • Aurais-je trouvé ma voie ?
  • Aurais-je fait toutes ces rencontres ?
  • Parlerais-je 3 langues aujourd’hui ?
  • Aurais-je repris mes études et obtenu un master ?
  • Ma situation professionnelle se serait-elle améliorée ?
  • Serais-je passé de la petite épicerie de quartier à la plus grande entreprise pharmaceutique du CAC40 ?
  • Aurais-je amélioré ma condition physique ?
  • Aurais-je eu tous les outils en mains pour me permettre d’atteindre mon but ?
  • Aurais-je croisé les mêmes personnes, qui me proposent un emploi en Thaïlande aujourd’hui ?

Sans haine et sans rancunes, c’est un grand merci que j’aimerai dire à ces femmes qui m’ont fait grandir. Les mêmes qui m’ont fait pleurer ont participé à mon bonheur : avant et après.

Et à tous ceux qui se sont égarés sur cette page et qui se sentent un peu perdus dans leur vie :

  • N’oubliez pas que la vie dépend en grande partie de comment vous interprétez les choses et ce que vous décidez de faire
  • Que rien n’arrive par hasard, chacun a son destin
  • Que des larmes et de la souffrance, de belles choses peuvent éclore.

Si et seulement si vous décidez de faire des tracas de votre vie une force pour avancer, si vous osez sortir de votre zone de confort, peut-être trouverez-vous votre légende personnelle.Et à la sueur de votre front, vous obtiendrez ce que vous voulez au plus profond de vous.